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L’AFRIQUE, NOUVELLE FRONTIÈRE DU NUMÉRIQUE

L’économie numérique se développe rapidement dans le monde entier. Les nouvelles tendances technologiques, telles que les solutions mobiles, les réseaux sociaux, le cloud computing offrent une nouvelle gamme de possibilités de services dans l’économie du savoir, ce qui constitue un potentiel pour la création de valeurs. Avec l’un des taux de croissance les plus enviables et le second plus important marché (en terme de volume) du mobile après l’Asie, quelle stratégies mettre en place pour adopter des technologies numériques considérées comme facteur déterminant de la croissance dans les années à venir. Comment saisir les opportunités de l’économie numérique pour un développement inclusif, améliorer les opérations commerciales, inventer de nouveaux modèles économiques, créer des emplois et profiter de la croissance à venir?

Alors que plusieurs câbles sous-marins ont atterri sur le continent africain, offrant des potentialités de connectivité à haut débit, une grande partie de la population africaine est encore incapable de bénéficier des accès, situation qui ralentit considérablement la croissance des entreprises. L’Afrique est le deuxième plus grand marché de la technologie mobile après l’Asie avec une croissance plus rapide, à cet effet, le continent Africain a vu se développer une forte pénétration du Mobile et un développement sans précédent de la bande passante Internet et de la Connectivité. Les fournisseurs de services Internet, particulièrement les Opérateurs Mobiles, à travers leurs offres de connectivité Internet basées sur des technologies large bande, ont permis une massification de l’Internet, même dans les zones les plus reculées et les plus hostiles. Mais cette pénétration n’obéit pas nécessairement à un développement de l’économie numérique. Quelques données d’analyse: moins de 17% pour la pénétration d’Internet, et plus de 75% de pénétration du mobile pour une population active chiffrée à plus d’un milliard : Il y a donc un énorme fossé entre la pénétration mobile et la pénétration d’Internet. Ceci indique qu’il y a encore d’autres facteurs que simplement posséder un téléphone mobile. Un des principaux facteurs est le coût de l’accès Internet. Pendant qu’au Nigeria, il est plus facile et moins onéreux d’envoyer des données de Lagos à Abuja via Londres que directement, générant ainsi des coûts supplémentaires estimés à environ 600 millions de dollars/an, le continent africain peut il rester compétitif ? La question fondamentale n’est pas seulement le nombre de personnes sans Internet, mais cette majorité qui n’a pas accès à l’économie de la connaissance, tout en considérant que 25% des africains souffrent du manque d’infrastructure électrique de base, sans oublier le marché informel qui ne contribuent pas aux impôts. Une culture de l’Internet et des stratégies nationales s’imposent pour amener les africains à adopter les technologies numériques : le e-gouvernement est une première approche de solution, en raison de son efficacité, car il est important pour les gouvernements africains, préoccupés par des chiffres de croissance, de rapprocher les services publics du citoyen. Mais ceci ne sera pas possible sans investissement massif, sans infrastructure, sans une stratégie nationale du haut débit par le mobile. Le E-gouvernement doit être perçu comme un créateur de bonne gouvernance, de gouvernance moderne et de gouvernance distribuée, sans oublier l’ensemble des processus à automatiser.

Plus de 53 millions d’africains ont un profil sur Facebook.

Est ce que la tendance accrue pour Facebook, au mail classique, la tendance à regarder un match de Football sur Internet permettront de développer des compétences du numérique ou des expertises sur Internet. L’Afrique est encore restée au niveau basique de la chaîne de valeur, car sans applications et sans développement de contenus générateur de revenus, l’Internet sera toujours vu comme un outil au service des élites et pour des besoins purement ludiques ou d’évasion, mais pas comme un outil au service du développement des populations.

Quelques tendances à prendre en compte

L’Internet par le mobile : comment aller au-delà de la fascination pour les SMS et les médias sociaux (whatsapp, BBM, Viber, …) ? A ce stade, sans un plan d’action réaliste, il est encore difficile de savoir comment l’Internet par le mobile jouera sa partition dans les stratégies de développement, et le coût d’accès à Internet est un des facteurs bloquants. Au Nigeria, l’accès à Internet constitue 10% du revenu mensuel moyen.

Les incubateurs: beaucoup d’initiatives sont en cours comme c’est le cas au Kenya, au Sénégal, mais en termes d’industries de logiciel et d’application, le chemin est encore long. Pour le e-commerce, l’Afrique contribue pour moins de 1% du chiffre d’affaire. Quelques progrès ont été observés dans le secteur bancaire (Mpesa au Kenya), l’externalisation, les centres d’appels !!! mais en termes de création d’emplois, les objectifs sont loin d’être atteints.

La démocratisation des accès : Les infrastructures de base constituent encore un problème majeur. Des gouvernements africains et certaines entreprises, sur la base du partenariat public-privé travaillent de façon significative à fournir les services et à développer les infrastructures de base. Au Kenya, par exemple, une coopération réelle existe entre le secteur privé et le gouvernement mais l’essentiel du financement pour améliorer l’accès semble encore provenir des partenaires extérieurs.

Formation et renforcement des capacités dans le numérique : beaucoup de discours, mais très peu des programmes orientés vers de nombreux pays africains ont atteint les résultats escomptés. Les aides et programmes de gouvernement ont généralement montré leur limite. Il y a donc une réelle préoccupation quant à la formation de réels entrepreneurs et experts du numérique, son impact sur l’écosystème Internet, et la qualité de programmes pour la formation orientée sur le Web mobile. En Ethiopie, plus de la moitié des utilisateurs Internet ont moins de 3 ans d’expérience en ligne.

 Le défi de l’insertion dans l’économie numérique mondial

Le développement des contenus : les contenus sont centraux et le développement d’applications apportera de la valeur ajoutée tels que démontré par Mpesa (la banque par le mobile au Kenya) et d’autres initiatives en cours. Il faudra investir dans les langues nationales afin de permettre à un plus grand nombre d’Africains d’accéder à l’Internet par le mobile. Le peu de contenus africains sur Internet provient encore de la diaspora.

Les systèmes de paiement en ligne : comment tirer avantage du partenariat sud-sud et développer un marché africain du numérique ? le développement tous azimut de contenu impliquera une industrie africaine, locale de l’Internet. Ceci passe par le développement d’un environnement réglementaire, de la bonne compréhension des enjeux et de la relation entre les accès, la croissance économique et le développement du contenu local.

Investir dans les terminaux : il est crucial d’investir dans l’accès à des ordinateurs portables et des tablettes à faible coût car la grande majorité des Africains n’ont pas accès à des ordinateurs, d’où l’importance de développer des terminaux africains pour un marché africain. Une réduction significative du coût des ordinateurs portables, des smartphones et de l’accès à Internet va sûrement permettre à plus d’Africains de posséder de périphériques intelligents et efficace afin d’accéder à Internet.

Investir dans les plateformes d’entrepreneuriat et le capital-risque: en 2012, le rapport sur l’Économie de l’information du CNUCED a identifié  le faible accès au capital-risque, la piraterie, la mauvaise qualité des infrastructure en TIC, et la quasi inexistence des droits de propriété intellectuelle comme un sérieux handicap à Internet, au frein pour le déploiement des TIC et de l’expansion des services en Afrique. En outre, le Forum économique mondial a classé les pays africains comme les pays ayant de mauvaises performances au niveau de l’indice global des TIC. En cause la qualité de l’environnement réglementaire, la faible implication d’un secteur privé dynamique qui peine à émerger, et le manque d’initiatives innovantes. D’où la nécessité pour chacun des pays africains de mettre en oeuvre des mécanismes de financements innovants, qui dépassent les simples banques pour embrasser la contribution des nationaux à des fonds spécialisés : jeunesse et entrepreneuriat numérique.

 Culture du business et  investissement 

Les incubateurs et les programmes destinés aux jeunes entrepreneurs, y compris une cyber-législation africaine qui facilite la création d’entreprises du numérique au delà des frontières nationales car Internet est une plateforme globale. Etablir une culture régionale du capital-risque qui favorise les entreprises à croissance rapide, créer des modèles innovants pour offrir des franchises aux Petites et Moyennes Entreprises, permettre aux acteurs locaux d’être de réels partenaires et partager les risques.

Pour une Afrique connectée

Certains pays ont déjà mis en place des capacités techniques et organisationnelles. Des pays comme l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, le Kenya et le Ghana ont développé des relations entreprise-gouvernement largement fonctionnelle, qui peuvent servir de modèle pour les autres pays. Les Technologies de l’Information et de la Communication constituent un véhicule important pour l’innovation et la croissance des économies nationales africaines car elles ont remodelé les industries et les chaînes de valeur, et développé une nouvelle génération d’entrepreneurs. Les gouvernements africains doivent l’inscrire en priorité sur l’agenda du développement afin d’encourager et soutenir les PME à tirer pleinement parti des dernières technologies numériques et de réaliser les avantages économiques associés. L’utilisation accrue des technologies numériques avancées peut stimuler la croissance et l’emploi : un coût de la bande passante abordable et effective à la portée des entreprises et des consommateurs est essentiel pour stimuler l’économie, l’amélioration de la prestation des services dans l’ensemble des secteurs industriels et gouvernementaux, y compris l’éducation et la santé.

Source : afriqueinside.com

25/02/2015